Generic content for generic users! (Deuxième partie)

Cet article a d’abord été publié par 90 degrés sur le Blogue marketing interactif de l’AMM-PCM.

Dans ma chronique d’hier, je donnais un exemple des problèmes qui peuvent survenir quand, sans trop s’en rendre compte, on s’adresse à un internaute générique plutôt qu’à un internaute réel. Je vous ai, de plus, promis d’expliquer pourquoi mes contributions à ce blogue ne s’adressent en réalité qu’à trois personnes et quels bénéfices vous pouvez tirer d’un même exercice.

Public visé : trois personnes
Nous sommes tous adultes ici, nous pouvons nous dire les vraies choses et jouer cartes sur table, n’est-ce pas ? L’homme est un blogueur fondamentalement égoïste et, si j’écris ce blogue, c’est que j’y ai un intérêt personnel.
Je ne sais pas quel est l’intérêt des autres contributeurs : valorisation face aux clients ? obtention de leads ? satisfaction de partager son expertise ? Ce sont des buts très légitimes. Le mien est d’obtenir quelque chose de trois personnes.

  • 1. Le premier internaute visé gère plusieurs centaines de milliers de dollars de budget en marketing Internet. Il peut discuter de stratégies de placement AdWords et fait régulièrement des tests A/B sur ses landing pages. Il n’est pas encore mon client. Je veux qu’il me téléphone quand il aura besoin de conception et de création de contenus intelligents.
  • 2. Le deuxième est consultant en stratégie Internet. Il ose faire sortir ses clients des sentiers battus, mais toujours de façon structurée et réfléchie. Il aime confronter ses idées et les promesses qui sont tenues. Nous n’avons pas encore travaillé ensemble. Je veux qu’il me réfère quand il manquera un bloc «contenu» à un projet intéressant.
  • 3. La troisième est une rédactrice hors pair, à la fois créative et rigoureuse. Elle aime apprendre et veut être fière de son travail. Elle n’est pas pleinement satisfaite de son emploi actuel. Je ne l’ai pas encore engagée. Je veux qu’elle m’écrive quand elle voudra que son talent soit pleinement utilisé.

Des noms SVP !
Ces trois personnes ne sont pas génériques. Elles existent. Vous les rencontrerez peut-être lors de la partie de pétanque de l’AMM, contrairement au membre théorique qui est directeur à 42% et président à 8%.

Je connais leur nom, vous aussi d’ailleurs. Mais ce ne sont pas les mêmes noms pour vous et moi. Pour moi, elles s’appellent Marie-Pier, Michel, Fadi, Julien, Marie-Hélène, David… (Oups! J’ai dépassé mon compte de trois.) Pour vous, ce sera peut-être Élise, Michael, Imen, Muriel, Philippe…

En fait, même si nous sommes dans une très petite industrie, plusieurs dizaines de personnes bien réelles correspondent à ces profils. Si je fais bien mon travail en m’adressant à trois d’entre elles, plusieurs se reconnaîtront.

L’exercice peut sembler un peu théorique. Il ne l’est pas. Il me donne une grille très précise pour choisir les sujets, le ton, les exemples, les mots mis en gras. Ça permet de garder l’objectif en vue. (Si je mentionne la partie de pétanque de l’AMM du 14 juin, c’est justement parce que mon objectif est d’être contacté par certaines personnes.)


What’s in it for you?
Mais parlons de vous plutôt que de moi. Voici ce qui changera pour vous en remplaçant un internaute par un internaute réel :

  • on l’a vu dans la dernière chronique, vous éviterez des erreurs monumentales en testant vos communications avec les vrais utilisateurs;
  • vos concepteurs et rédacteurs rencontreront les personnes à qui ils s’adressent. Ils comprendront mieux les subtilités de leurs désirs et de leurs craintes;
  • en intégrant ces subtilités à leur travail, ils amélioreront vos taux de conversion, ce qui décuplera la rentabilité de vos projets;
  • avec une meilleure rentabilité, vous aurez un argument supplémentaire très solide pour négocier votre prochaine augmentation salariale (ou vos conditions contractuelles).

Votre call to action : sortez votre calculatrice et déterminez combien vaut chaque augmentation de 1% de votre taux de conversion (passer par exemple de 3 à 4% ou de 8 à 9%), puis demandez-vous si votre entreprise (ou votre client) investit les efforts nécessaires.

Dans la prochaine chronique, je vous propose une méthode simple pour définir qui sont les vrais internautes que vous visez.

À demain !

P.S. : si vous ne comprenez pas pourquoi les membres de votre équipe doivent rencontrer les vrais internautes plutôt que d’en lire une description, la prochaine fois vous que vous voudrez aller voir un film, contentez-vous d’en lire la critique.

Etienne Denis
Président-directeur général

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