N’importe quoi 2.0
octobre
2008
Un vieil adage dit qu’il faut se retirer de la bourse quand les chauffeurs de taxi commencent à discuter des actions à acheter. Il faut cesser d’utiliser un buzzword quand on l’utilise à n’importe quelle sauce.
Comme lors de cette conférence où l’on parlait de courriel 2.0… (Peu importe l’agence qui présentait : d’une part je les aime bien, et d’autre part on est tous déjà tombé dans le piège.) La conférencière parlait de « dialogue » avec les internautes. Tout le monde sait que le 2.0, c’est une affaire de dialogue.
Dialogue?
C’est François Poulin, d’Ogilvy, qui a posé la question qui me chicotait : « Il est où ton dialogue?«
Réponse : l’offre varie selon l’historique d’achat de l’internaute. S’il a déjà acheté, on lui envoie l’offre « A » par courriel. S’il n’a pas acheté, on lui envoie « B ».
Euh… je n’ai toujours pas très bien compris où il est le dialogue?
En réalité, il s’agissait de marketing direct on ne peut plus traditionnel, similaire à ce que Reader’s Digest faisait dans les années 1990 avec des enveloppes et des timbres. Qualifier cela de « 2.0″ ne veut strictement rien dire.
En fait, pour avoir discuté avec un mathématicien de Reader’s Digest, ce qu’ils faisaient à l’époque était déjà beaucoup perfectionné que 99% du marketing direct qu’on fait sur le web aujourd’hui.
Bullshit Generator
Et la raison est bien simple. Quand chaque enveloppe mise à la poste vous coûte un dollar, comparativement à un courriel qui est pratiquement gratuit, vous investissez beaucoup plus dans l’optimisation et la qualité de vos listes.
Avant de se gargariser avec des concepts qui semblent directement issus d’un Web Economy Bullshit Generator, il faut peut-être se rappeler qu’on n’est pas en train d’inventer la roue. On est juste supposé la faire tourner plus vite pour moins cher.
Je répète : on est tous déjà tombé dans le piège d’expliquer notre travail avec quelques buzzwords de trop. Certains plus souvent que d’autres par contre.
Notez que cet article a été publié dans la catégorie « Gestion 2.0″!


Zelaurent le 19 octobre 2008
J’ai le plaisir d’inaugurer mon premier commentaire 2.0 sur le blogue de 90 degrés. 2.0 car tu peux y répondre et nous pouvons avoir une discussion… elle est annoncée partout, mais voilà encore une preuve que c’est vraiment la mort du 2 point machin.
Le trop d’information tue l’information est également vrai pour le Web. Le buzz ambiant a complètement tué la poule aux œufs d’or, laissant un goût d’omelette pas fraiche dans la bouche des clients. J’espère que la profession saura passer à autre chose.
Étienne, ça me fait aussi plaisir de commenter TON article. Mais, depuis la discussion que nous avons eue au Webcom, je me demande à chaque fois si c’est toi ou ton ghost blogueur qui a écrit cet article
Etienne Denis le 20 octobre 2008
Je ne dis pas que le « 2.0″ est mort. Je dis qu’on a tendance à parfois un peu trop pousser le concept et essayer de l’appliquer là où ça n’a pas rapport. Ca devient un buzzword galvaudé.
Cela dit, oui il y a des choses très fortes à faire avec le 2.0. J’ai des exemples de relations B2B très intéressantes (lire: rentables pour les deux parties) qui ont débutées sur le web grâce à du 2.0. Cela dit, comme l’écrit Michael Carpentier : « 95% du Web (…) n’est même pas un 1.0 convenable ».
Pour ce qui est du ghost writting, je vais y revenir dans un autre billet. Mais je peux répondre dès maintenant à ta question : les articles de blogue.90degres.ca sont signés par leurs vrais auteurs. Nous avons migré notre blogue à l’extérieur de notre site corpo http://www.90degres.ca justement pour permettre aux employés de se sentir plus libres d’écrire en leur propre nom.
Zelaurent le 20 octobre 2008
J’ai hâte de voir ton retour sur le sujet du ghost writting.
Sabrina Côté le 24 octobre 2008
Moi aussi j’ai hâte d’entendre parler de « ghost writing » Étienne.
Et je profite de l’occasion pour vous féliciter pour le nouveau bébé. Je lui souhaite longue vie et je ne doute pas que ce sera le cas car vous avez compris l’élément le plus important lorsque l’on gère/libère un blogue: sans contenu, c’est vide !
Etienne Denis le 27 octobre 2008
Sabrina, si je peux te retourner un compliment, c’était habile de se positionner dans Infopresse avec vos nominations Boomerang.
Sabrina Côté le 27 octobre 2008
Ah merci Étienne, ça aura poussé ton collègue Marc-Olivier à me suivre sur Twitter en tout cas…