To blog or not to blog?

Le Web 2.0 entraîne une évolution de l’utilisation du Web et la participation des internautes, d’accord.

Mais la multiplication des blogues, des plateformes de commentaires et des réseaux sociaux nous entraîne en terrain glissant.

Les effets à plus ou moins long terme, positifs et négatifs sont nombreux. En voici quatre qui, à mon avis, méritent d’être relevés.

1-Multiplication des échanges d’idées

Le Web, quelle belle plateforme pour provoquer des discussions à caractère social, des débats d’idées, des échanges à propos de tout et de rien!

Facilité de participation, accessibilité à Internet, multiplication des échanges de points de vue, démocratisation de l’espace public, voilà qui incite les acteurs à émettre une opinion, à créer leur propre blogue, à échanger.

Imaginez un instant que vos propos atteignent une portée mondiale : ceci n’est plus de la science fiction.

2-Participation égalitaire Sur Internet, contrairement à d’autres médias traditionnels, la parole est donnée à tous, sans restriction. Je pense, donc je commente, j’échange, je lis, etc.

La démocratisation des opinions prend forme. Tous ont droit à leur point de vue, tous ont la possibilité d’émettre une opinion.

Du plus sombre des sous-sols, le moindre inconnu peut émerger et faire surface dans cette mer d’information à tout moment. Certes, certains acteurs ont plus de poids que d’autres, leur notoriété les précédant, mais l’émergence de participants influents nous guette toujours.

3-Pertinents, les commentaires?

L’accessibilité aux boîtes de commentaires dans les blogues et l’absence de modération de la part des internautes lorsque vient le moment de livrer leur opinion en réduit l’impact. Le contenu participatif, c’est bien connu, favorise la quantité, au détriment de la qualité.

Cet aspect, inhérent au UGC (User generated content), rend le message confus, le dilue et en réduit la portée. Que penser de cette pollution participative?

Donner la parole à tous, à un moment, revient à ne la donner à personne.

4-Isolation réelle versus échange virtuel

Le réseautage social, quelle chouette innovation, quand on y pense. Facebook permet de retrouver des « amis » que l’on a perdus depuis des lunes, Flickr permet d’échanger des photos, Twitter permet de communiquer à tous vos contacts ce que vous faites à un moment précis de votre vie.

Tout cela, par l’écran de votre ordinateur. Pas mal.

Le seul hic, c’est la nature virtuelle de l’action : publier un commentaire, envoyer à un ami, ajouter une image, mettre à jour votre profil, etc.

À quel moment le virtuel prend-il la place du réel, presque toute la place? À quel moment préfère-t-on mettre à jour son profil Facebook plutôt que de voir des amis?

À ce sujet, un article du TimesOnline partage le même avis : « According to Facebook, users spend an average of 20 minutes a day on the site although a survey by uSwitch.com found that others spend more than ten hours a week on virtual networking sites, the equivalent of 24 days a year (think how many pub lunches with real friends could be enjoyed in that time). »

Votre call to action : sortez, prenez du soleil et voyez des amis. Demandez-leur comment ils vont.

Marie-Pier Goyette Chargée de projets

Marie-Pier Goyette

Conseillère Web, chargée de projets et absolument pas techno-victim, Marie-Pier offre une perspective objective et rafraîchissante du Web. Réaliste sans jamais sombrer dans le défaitisme, elle ne se forge une opinion qu'après avoir examiné attentivement les deux côtés de la médaille.




Discussion

  • Michelle Blanc le 5 septembre 2008

    L’argument du TimesOnline est faible. Par exemple, vous cherchez un employé et vous faites le tour de votre cardex pour appeler vos connaissances pour savoir s’ils connaissent quelqu’un ou vous poster votre requête sur FB ou LinkedIn. Pas mal moins exigeant comme investissement de temps et avec beaucoup plus de retombées. Vous partez un mouvement en ligne (disons Yulbiz que j’ai parti il y a 2 ans) et il se retrouve dans cinq pays ou les gens se rencontrent chaque mois pour prendre un verre dans le monde réel et apprendre l’un de l’autre. Ça fait pas mal de temps pour prendre un verre et discuter et bouffer avec ces nouveaux amis virtuels qu’on rencontre dans le réel grâce à la magie du Web et des réseaux sociaux. Avant les adolescentes passaient des heures au téléphone à discuter de tout et de rien. Maintenant elles « chat », c’est la même chose. Sauf qu’on n’affublait pas le téléphone de l’épithète « virtuelle » qui sous-tend une communication moins réelle que celle qu’on avait au téléphone. Dans l’un de mes récents billets, je citais John Hagel III qui disait :

    The World Wide Web that was designed by content junkies for content junkies to more rapidly locate more snippets of content is already giving way to much richer platforms that will help people to connect with each other and engage together in sustained efforts to create new knowledge.

    Ces plateformes sont justement les réseaux sociaux…

  • Igor le 6 octobre 2008

    Réel versus virtuel;
    En fait je ne crois pas que ce soit un ou l’autre. On a tendance à opposer ces deux mondes. C’est plutôt un ET l’autre. L’un se nourissant de l’autre. Une sorte de commensalisme :)




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